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Consultez l'ensemble des Newsletters d'O.G.E.

06 Août 2013

Changement et continuité

Avec son nouveau logo et le site qui présente mieux les différents aspects de notre métier au service de nos clients, O.G.E. continue ses activités. Nous intervenons à différents stades d'un projet : depuis les phases amont, de choix d'un site d'implantation ou de tracé, à la mise en œuvre concrète selon les principes du génie écologique et le suivi des mesures de réduction d'impact ou mesures compensatoires, en passant par la réalisation su volet milieu naturel de l'étude d'impact.

La newsletter présente l'exemple remarquable d'une mission réalisée sur plus de 10 ans avec la société Cofiroute pour l'A28 et son Pique-prune (Osmoderma eremita). En effet, nous avons travaillé avant le chantier pour trouver un tracé de moindre impact avec les équipes de maîtrise d’œuvre, puis nous avons assisté les opérations de transplantation des fûts d'arbres à cavités. ensuite, nous avons effectué le suivi des populations de Pique-prune transplantées. Cette année, nous avons obtenu les dix ans de ce suivi. Une décennie de suivi des animaux par capture-recapture ou par radiotracking. Tous les enseignements ont été utilisés par le Conseil Général de la Sarthe pour la gestion du site.

Un suivi de dix années pour un projet est exceptionnel en France. C'est pourquoi nous tenons à remercier la société Cofiroute pour la confiance qu'elle nous a accordée au long de ces années.

Osmoderma eremita

Réalisation de deux éco-ponts sur le réseau Escota

En janvier 2010, la société Escota (Vinci Autoroutes) a signé avec l’Etat un avenant à son Contrat de Concession afin de rendre son réseau plus compatible avec les principes directeurs du Grenelle de l’Environnement et de proposer à ses clients une autoroute plus sûre, plus respectueuse de l’environnement. Cet avenant a débouché sur la création du « Paquet Vert Autoroutier » (PVA) qui regroupe des opérations liées à l’amélioration des conditions environnementales.

Les actions comprennent notamment deux passages supérieurs spécifiques pour la faune : le premier sur l’A8 à Brignoles, le second sur l’A57 dans la commune de Pignans.

En 2010, O.G.E. a été chargé des études écologiques complétant des études antérieures réalisées à la fin des années 1990. Nous avons positionné 10 ouvrages dont deux ont été retenus pour le PVA. L’insertion écologique comprend la reconstitution d’une mosaïque d’habitats pour le rendre favorable à une grande diversité d’espèces telles que des reptiles, des insectes, des carnivores, des chiroptères, des ongulés… Les aménagements de finition ont été réalisés par un paysagiste et un consultant, Caryl Buton. L’inauguration de ces deux éco-ponts a eu lieu le 24 mai 2013.

Ce projet constitue un des rares exemples français de réalisation d’ouvrages spécifiques pour la faune sur d’anciennes infrastructures conçues avant les normes environnementales.

Vincent Vignon

Cofiroute - Paquet vert autoroutier

Dans le groupe Vinci Autoroutes, Cofiroute a également signé avec l’Etat un avenant à son Contrat de Concession débouchant sur la création du "Paquet Vert Autoroutier"(PVA). Une partie des actions concerne la préservation de la biodiversité. Pendant 3 années, O.G.E. a accompagné la société Cofiroute dans cette démarche. Sur les 1100 km d’autoroutes du réseau Cofiroute, nous nous sommes attachés à identifier les ruptures de continuités écologiques liées à l’infrastructure linéaire (à différentes échelles spatiales) mais aussi à valoriser le rôle des dépendances vertes en tant que réservoirs de biodiversité ou de continuité écologique. L’ensemble des études réalisées a abouti à un programme d’aménagements ambitieux adapté aux territoires traversés.

Pour chaque partie du réseau, une analyse des continuités écologiques a été menée à différentes échelles. Pour cela, des groupes d’espèces de référence ont été identifiés en fonction de leurs habitats préférentiels, leur capacité de dispersion, leurs modes de vie… Les manques en terme de perméabilité de l’infrastructure ont été mis en évidence pour chacun de ces groupes, à savoir les ongulés, la petite faune terrestre (carnivores, reptiles, amphibiens…) mais aussi les poissons.

Un premier ensemble de buses sèches a été mis en place pour la petite faune dans les mosaïques d’habitats les plus menacées des paysages ruraux (vallées bocagères avec prairies naturelles, mares, haies structurées et lisières). Il s’agit des vallées les plus typiques à la traversée desquelles l’autoroute n’était pas ou peu franchissable par la petite faune.Sur le réseau Cofiroute, ce ne sont pas moins de dix buses (ou éco-ducs) qui ont été foncées sous l’autoroute. Le suivi écologique, qui a débuté en 2011, a déjà prouvé l’efficacité de ces dispositifs.
Les dépendances vertes peuvent constituer des zones refuges pour des espèces menacées par la transformation des paysages, notamment agricoles. Ces sites peuvent alors comporter des espaces naturels abritant des cortèges d’espèces végétales et/ou animales de fort intérêt patrimonial.

Les sites naturels remarquables

O.G.E. a ainsi identifié un ensemble de sites naturels parmi lesquels 5 ont fait l’objet d’un plan de gestion suivi d’une gestion écologique. Nous avons recherché en priorité les milieux présentant le plus fort potentiel écologique, à savoir les zones humides (dépressions humides, zones de suintement, mares temporaires, étangs…), les milieux pionniers (éboulis calcaires, parois rocheuses), les milieux ouverts de type pelouses calcicoles et les landes à bruyères. Nous avons réalisé des inventaires écologiques et recensé les espèces rares ou protégées à l’échelle régionale et nationale ainsi que des habitats naturels à enjeux.
Des mesures de gestion et/ou de restauration adaptées ont été proposées. Notre société a assisté Cofiroute dans le cadre de la réalisation des travaux de génie écologique. Les effets positifs des mesures ont été confirmés sur plusieurs sites lors de suivis écologiques réalisés par O.G.E. et par Théma Environnement.
Le site le plus remarquable est un vieil étang de Sologne. Sa restauration a été récompensée par un premier prix reçu le 4 octobre 2012 par Cofiroute et O.G.E. de l’Institut des Routes, des Rues, des Infrastructures pour la Mobilité.
L’étang localisé sur l’A71 (Pk162) est dans une emprise enclavée entre une voie ferrée et l’autoroute. Sans intervention depuis 30 ans, ses berges étaient en cours de colonisation forestière limitant l’expression de la flore des ceintures de végétation et de la faune associée.Le patrimoine naturel y est exceptionnel pour la Sologne. La restauration a notamment consisté à refaire la bonde pour maîtriser les niveaux d’eau, éliminer les arbustes qui avaient colonisé les végétations riveraines, ouvrir un taillis, une lande, reprofiler des mares, etc.
(voir article p.3 de La lettre n°23).
D’autres sites ont été gérés avec des actions portant notamment sur la limitation de la colonisation forestière de pelouses (A10 Pk239,5 et A11 Pk41), de prairies et parois rocheuses (A28 Pk148,5) ou de landes (A71 Pk107-109). Il s’agit de sites au patrimoine
naturel de grand intérêt.

La biodiversité ordinaire

Des actions de gestion ont été identifiées sur des milieux dits de "nature ordinaire" mais présentant un certain potentiel en tant que continuités écologiques ou en tant que sites refuges. Deux tronçons ont été étudiés en Beauce et en Ile-de-France. Ce dernier, d’une dizaine de kilomètres, a été sélectionné sur le tronc commun A10/A11 (Pk16 à 26). Des mesures de gestion écologique ont été proposées sur différents types de milieux comme la fauche des prairies avec exportation, la réouverture de la végétation sur des bassins autoroutiers, la restauration de landes à bruyères...
Les résultats obtenus lors des premières années de suivi sont encourageants et permettent de démontrer l’efficacité des mesures mises en place. Ce projet est réalisé en concertation avec le Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse. Une convention de partenariat a été signée entre le Parc et Cofiroute.

Christelle Jérusalem & Vincent Vignon

Veille écologique

Le nouvel atlas des amphibiens et reptiles de France

Le 15 janvier 2013 est sorti l’Atlas des Amphibiens et Reptiles de France, coédité dans la collection Inventaires & Biodiversité des Publications scientifiques du Muséum et Biotope éditions.
Ce nouvel atlas des amphibiens et reptiles de France est le troisième réalisé par la Société Herpétologique de France (SHF). Le précédent atlas datant de 1989, il s'agit donc ici d'une mise à jour très importante. Elle marque un progrès considérable des connaissances acquises sur la répartition des amphibiens et des reptiles de France, pendant ces 20 dernières années. Il est le fruit du travail d’un millier de naturalistes qui a permis de quadrupler la masse des données collectées.
Cet ouvrage présente la distribution d’un panel de 34 espèces d’amphibiens et 39 de reptiles indigènes vivants en France métropolitaine (Corse comprise), ainsi que 8 espèces introduites par l’homme (6 amphibiens et 2 reptiles). Pour chacune des espèces sont indiqués en plus de la carte détaillée, la répartition globale, l’écologie et le statut (espèce éteinte, en danger, vulnérable, préoccupation mineure, etc.).
L’ouvrage comprend aussi un chapitre sur les données fossiles et la mise en place de l’herpétofaune actuelle dans notre pays, ainsi qu’un autre sur les menaces qui pèsent sur les espèces et les mesures prises pour leur conservation.
Cependant, des données récentes ne sont pas incluses. En effet, les outils collaboratifs et les bases mutualisées mis en place ces dernières années ont augmenté de façon importante le volume de données disponibles. On comprend ainsi qu’il était difficilement réalisable d’inclure des milliers de données au fur et à mesure. Toutefois, saluons cette parution et ce travail conséquent qui a réuni de nombreux spécialistes de l'Herpétofaune.
Cet ouvrage richement illustré est accessible à un large public. À découvrir au plus vite !
Amélie Adamczyk

Point sur...

Les listes rouges régionales des espèces menacées

De plus en plus de démarches d’élaboration de listes rouges voient le jour dans les régions françaises, destinées à fournir des inventaires des espèces menacées et à guider les politiques régionales de conservation.
Ces listes sont élaborées grâce à la collaboration de nombreuses associations de protection de la nature. Pour la flore vasculaire, la Fédération des conservatoires botaniques nationaux appuie les CBN dans la réalisation de listes rouges dans toutes les régions, en coordination avec les DREAL.
La majorité de ces listes sont réalisées en employant la méthode développée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Celle-ci mesure une probabilité d’extinction au niveau mondial ou un risque de disparition au niveau régional.
Selon la méthodologie de l’UICN, chaque espèce peut être classée dans l’une des 11 catégories de la Liste rouge en fonction de son risque de disparition de la région considérée. La première étape de l’élaboration d’une liste rouge consiste à recueillir un maximum de données sur une période suffisamment longue et à différentes échelles spatiales imbriquées pour tenter d’évaluer des tendances et affiner au mieux les connaissances sur l’état général de l’espèce évaluée. Le classement des espèces dans les catégories d’espèces menacées s’opère sur la base de cinq critères d’évaluation faisant intervenir des facteurs quantitatifs tels que la taille de la population, le taux de déclin, la superficie de l’aire de répartition ou sa fragmentation. Il suffit qu’au moins un des critères soit rempli pour qu’une espèce soit classée dans l’une des catégories. Ce
principe permet de rendre la méthodologie applicable à n’importe quel groupe taxonomique.
Ces listes constituent un outil de sensibilisation destiné à alerter un large public sur la nécessité d'agir pour enrayer les menaces qui pèsent sur la biodiversité en général. Les listes rouges sont un bon indicateur pour apprécier l’état de santé de la biodiversité à différentes échelles géographiques. Elles ont pour vocation d’être des
outils destinés à orienter les actions de conservation au niveau des régions. Elles contribuent notamment à l’identification des priorités d’action pour les espèces protégées, à l’élaboration des trames vertes et bleues et à la définition des stratégies
d’aires protégées.
Benoît Toury

Coup d'oeil :

Faon de chevreuil